20 juin 2019

Sans nul doute, des fées sont passées par là…



Mais que se passe-t-il dans le jardin ?
Quelques fées seraient passées par ici ?
Et d’un toucher de baguette de soie, elles auraient changé la robe des arbres ?
 



Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Et vous, qu’en pensez-vous ? 
Ne trouvez-vous pas cela féérique ?



Regardons de plus près… 





Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Ce sont bien des petites fées qui sont passées par là, bien dodues, bien repues de l’excellent repas que leur offre chaque année le Fusain d’Europe (Euonymus europaeus)… 


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe


Chenilles de l’Hyponomeute sur Fusain d'Europe




Ce sont les chenilles de l’Hyponomeute, un petit papillon blanc avec des points noirs…
Plus couramment ces papillons sont nommés "teignes"… Ah ... je vous vois faire la grimace…



Que dites-vous ? « Horreur, malheur !!! »
Mais non, pas de panique, pas d’inquiétude…



Le fusain d’Europe est un arbre généreux, il offre toutes ses jeunes feuilles à ces chenilles grégaires bien calfeutrées dans leur toile épaisse, qui normalement les protège des prédateurs et des intempéries. Quand leur grignotage est terminé, commence la phase complexe de la transformation en papillon. Alors elles s’enferment individuellement dans un cocon.

C’est à ce stade que la détermination est la plus aisée. En effet, si les cocons sont accolés les uns aux autres, nous savons que le papillon à venir est le Grand Hyponomeute du Fusain. A l’inverse, si les cocons sont éloignés les uns des autres, c’est le Petit Hyponomeute du Fusain qui s’envolera vers de nouvelles aventures !



Les « attaques » de ces chenilles sont très spectaculaires, en particulier si l’arbuste est totalement défolié et entoilé, ce qui reste un phénomène rare. Cet événement dure quelques semaines et en juin les chenilles sont endormies dans leur cocon, ce qui permet au Fusain d’Europe de générer une nouvelle pousse de feuilles. Son cycle continue donc jusqu’à l’arrivée de ces fruits fort jolis…



Fruits du Fusain d'Europe




Attention, ces fruits sont particulièrement toxiques, d’ailleurs toute la plante l’est.



Ne détruisez pas ces chenilles, tout d’abord parce que cela ne sert à rien, le fusain s’en remettra très bien.
Encourageons plutôt les prédateurs naturels qui adapteront leur nombre à celui de leur nourriture. 
Pour cela rien de plus simple, favorisons la biodiversité dans son jardin, n'utilisons aucun produit phytosanitaire.

Les prédateurs de ces chenilles sont de petites mouches et des guêpes sauvages qui pondent dans la chenille. Leurs larves se nourrissent de cette chenille.

Et quand l'été est installé, l’arbre a retrouvé sa tenue originelle !
Toutes les photos ont été prises l’année passée dans mon jardin. Après la deuxième pousse de feuilles, le fusain avait retrouvé son aspect normal ! 

Fusain d'Europe


L’année 2018 fut particulièrement sèche et chaude, peut-être est-ce une des raisons de cette impressionnante intervention des chenilles d’Hyponomeute ?
La plupart du temps, elles se contentent de quelques branches éparses…

Laissons donc ces chenilles vivre leur vie, la nature est plus douée que nous pour réguler les choses...

31 mai 2019

Je veux des coquelicots !


Coquelicot fleur sauvageLa journée a commencé comme un conte de fée… La brume s’envolait gracieusement de la terre pour rejoindre quelques rares nuages, donnant au paysage un aspect féérique. La lumière était douce et jouait avec la rosée, permettant aux champs de blé de se rêver océan pour un temps… Cette lumière caressait les fleurs sauvages jouant de mille contrastes et la beauté défilait au rythme du passage de ma voiture. 
C’était simplement beau et rassurant. 



Elles étaient belles et fières ces fleurs sauvages offrant aux pollinisateurs des promesses d’avenir meilleur… 

En traversant ma commune, ce fut l’émerveillement. Des coquelicots longeaient un mur de pierres d’un bout à l’autre et donnaient à ce large trottoir, si triste, un air de fête, une couleur joyeuse, une transparence délicieuse dans laquelle le soleil plongeait. 

Coquelicot fleur sauvage Je n’avais pas le temps de m’arrêter pour photographier cet instant si beau ; je le ferai au retour ! 

Deux heures plus tard, quand je suis repassée, il n’y avait plus de coquelicots ; le trottoir était redevenu terne et solitaire… Le soleil, comme moi, devait être bien triste…

Mais que s’était-il donc passé ? Quelques mètres plus loin, une haie se faisait tailler la tête, une coupe bien courte derrière les oreilles ; les oiseaux qui venaient s’y réfugier avaient abandonné leur insouciance… 
Les coquelicots, comme la haie avaient perdu pied sous les mains de quelques-uns à qui il avait été demandé de tout rendre « propre »… 


Coquelicot fleur sauvageJe m’interroge sur ces pratiques qui tentent « de rendre beau » un village, une ville… Arrachage de quelques fleurs sauvages qui embellissent et qui nourrissent quelques insectes pour que les oiseaux puissent à leur tour s’en nourrir… l’un et l’autre étant devenus désespérément rares… 


Tout cela est bien paradoxal, non ? 




Le cœur hésitant entre tristesse et colère, je me suis réfugiée dans mon jardin pour y prendre un bain de coquelicots, un bain de nature, un bain de vie… 


Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage
  
Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage
  
Coquelicot fleur sauvage
 
Coquelicot fleur sauvage



Coquelicot fleur sauvage



22 avr. 2019

Le printemps s'étire

Entre pluie et soleil la magie s'opère
De délicats parfums couvrent le fond de l'air
Des couleurs expriment notre nouveau décor
De jour en jour la vie foisonne plus encor' ...



Les cerisiers se parent de 1000 fleurs
Les cerisiers et les pruniers se parent de mille fleurs




Un Bourdon des pierres (Bombus lapidarieus) sur des primevères
Bourdon des pierres (Bombus lapidarius) - Une reine parmi des fleurs de primevères



Abeille sauvage Andrena primevère
Andrena sp. - Abeille sauvage se régalant du nectar d'une fleur de primevère



les chatons d'un charme
Chatons d'un Charme charmant (Capinus betulus)



Fleur de narcisse et des nitidules petits coléoptères
Fleur de Narcisse servant de gîte et de couvert à des Nitidules (petits coléoptères)



Andrena abeille sauvage prenant le soleil sur une feuille de primevère
Andrena sp. - Abeille sauvage sur feuille de primevère



Naissance de feuilles de vigne rouge
Naissance des feuilles d'une vigne rouge



Papillon Aurore sur Muscari
Aurore (Anthocharis cardamines) - Papillon de la famille des piérides - Fleur de Muscari



Osmie cornue femelle (Osmia cornuta) sur Musacari
Osmie cornue (Osmia cornuta) - Abeille sauvage sur Muscari



Abeille sauvage sur Muscari
Abeille sauvage sur Muscari, vraisemblablement une Halicte à quatre ceintures (Halictus quadricinctus)





Un bombyle sur Muscari
Le Bombyle s’apprêtant à déguster le nectar de Muscari



Fleurs de cerisier
Fleurs de cerisier, rêve de cerises



Andrena cineraria abeille sauvage butinant une fleur de ficaire
Andrena cineraria, abeille sauvage butinant une fleur de ficaire



Anémone
Une anémone, cœur de jardin



Des abeilles à miel buvant dans la mare
Les abeilles à miel (Apis mellifera) s'abreuvent dans la mare



Abeille à miel
Coucou toi !



Amélanchier
L'amélanchier s'étire pour toucher le bleu du ciel



Anthophora plumipes mâle ( abeille sauvage) sur fleur de Gléchome lierre terrestre (Glechoma hederacea)
Anthophora plumipes mâle (abeille sauvage) sur fleur de Gléchome lierre terrestre (Glechoma hederacea)



Anthophora plumipes femelle (abeille sauvage) sur fleur de Gléchome lierre terrestre (Glechoma hederacea)
Anthophora plumipes femelle (abeille sauvage) sur fleur de Gléchome lierre terrestre (Glechoma hederacea)




Un chevreuil se baladant
Au loin, un chevreuil tranquille se balade



10 mars 2019

L'éveil du jardin

La terre frétille
Les journées s'étirent

Et l'air frais pétille...
Eblouie, j'admire




feuilles de tulipes au début de printemps


jonquille en bouton


crocus ouvrant sa fleur au soleil



Aujourd'hui le vent chante une mélodie tempétueuse et des nuageux joufflus passent au-dessus du jardin ; ils semblent si pressés...

Il y a quelques jours, émoustillé par la tiède caresse d'un soleil encore un peu timide, le jardin se transformait. Des plantes perçaient la terre, des insectes faisaient vibrer l'air de leur premier vol ; la vie prenait place...


Jonquille



plusieurs jonquilles

 
Jonquilles doubles



Virevoltants de fleur de Primevère en fleur de Lamier pourpre, les premiers papillons entraient en scène dans leur habit de lumière. Un Paon du jour qui ne faisait que passer, puis un Citron, puis deux... 


primeveres blanches
 

primeveres violettes
 

primeveres
 

primeveres



primeveres mouillees de rosee
 

primeveres


Le Citron (Gonepteryx rhamni) est un des premiers papillons que l'on peut observer. En effet dès que les températures sont clémentes (à partir de 10°) et ce, même si aucune fleur n’est fleurie, le voilà qui virevolte gaiement. 

C’est qu’il a grand besoin de se dégourdir les ailes !

Le Citron vient de passer l’hiver à deux pas de chez nous, emmitouflé sous une épaisse couverture de feuilles de lierre, protectrice du froid et des vents violents. Le Citron est un des rares papillons à hiverner ; sa durée de vie est d’une année.
L’hiver, il entre en léthargie en ralentissant son métabolisme, ce qui lui permet de ne pas épuiser ses réserves. Il ne craint pas le froid, car il fabrique un sérum « antigel ».


papillon Citron butinant une primevere


papillon Citron butinant une primevere



papillon Citron butinant une primevere

Le Citron est un papillon très facile à reconnaitre ; le mâle est jaune citron, tirant sur le vert lorsqu’il vieillit. La femelle est plus pâle, allant d’un blanc crème à un vert très doux. Les deux sexes possèdent un point orange sur chaque aile. Posé, il est difficile à repérer, car il ressemble à une feuille, ce qui d'ailleurs le dissimule dans le décor ; ainsi les prédateurs passent leur chemin sans l'apercevoir.
 
Ce Citron est une véritable vision vitaminée, avec lui les beaux jours ne sont pas loin, de quoi nous donner la pêche, non !


papillon citron butinant une fleur de lamier pourpre


Deci delà  au gré des fleurs, les premières abeilles sauvages goûtaient le nectar nouveau... qu'il était bon ! 

Celui du Lamier pourpre (Lamium purpureum) semblait leur plaire tout particulièrement.


une anthophore plumeuse butinant une fleur de lamier pourpre



reine bourdon terrestre butinant une fleur de lamier pourpre


Le Lamier pourpre appelé aussi ortie rouge fait partie de la famille des Lamiacées. 
Il n'est pas urticant.

Malheureusement trop souvent considéré comme une "mauvaise herbe", il est arraché sans pitié. Pourtant, il a sa place au jardin. C'est un excellent couvre-sol l'hiver ; il permet à la terre de ne pas se tasser sous la pression des pluies hivernales. Ses racines jouent également un rôle intéressant pour la terre, car elles la structurent et l'aèrent, ce qui permet d'avoir au printemps, une terre facile à travailler.

Par ailleurs, le Lamier pourpre (ou rouge) est indispensable pour la faune, car ses fleurs précoces, dès le mois de mars, sont une source précieuse de pollen et de nectar pour de nombreux pollinisateurs, comme les papillons, les abeilles et les bourdons qui sortent de leur engourdissement hivernal et qui, à cette époque, n’ont pas beaucoup de fleurs à disposition. Les feuilles sont dégustées par la coccinelle à vingt-deux points, entre autres. 

Le Lamier pourpre est comestible. Les feuilles et les fleurs de la cime de la plante peuvent être ajoutées crues dans des salades ; elles peuvent également être cuites comme un légume.

Lorsque ses feuilles sont froissées, elles dégagent une odeur poivrée et son goût s’approche un peu de celui de la betterave ; le lamier pourpre contient du fer. 

Il existe un risque de confusion avec le lamier tacheté, qui lui aussi est comestible ; cette confusion reste sans danger. On peut les reconnaitre par leur taille différente, le lamier pourpre ne dépassera pas la hauteur de vos chevilles alors que le lamier tacheté peut atteindre jusqu’à 80 cm de hauteur.

Et puis, si on prend le temps de regarder cette plante de plus près, on peut constater qu'elle est fort jolie !

lamier pourpre




lamier pourpre


fleur de lamier pourpre



lamier pourpre

 


lamier pourpre



Entre bouquets de jonquilles et bouquets de lamiers, le crocus ne laissait pas indifférent tant ses fleurs renvoyaient la lumière.


crocus jaune



Crocus à peine ouvert



Crocus violet

 
Les boutons du Saules marsault jouaient de transparence, incitant plus encore les pollinisateurs à œuvrer pour la vie.


saule marsault



Les fourmis couraient en tous sens, affairées à consolider leur fourmilière entamée par quelques faisans affamés.

fourmis des bois



Alors qu'en silence, avec une extrême lenteur, la vigne rouge prenait des couleurs.


bouton de vigne rouge



Dans la lumière de fin d'après-midi, les rires éphémères de quelques fées résonnèrent dans l'air qui se rafraichissait déjà ; leur vol insouciant saluait le jardin avant qu'il ne s'endorme...



insectes peut être ephemeres volant dans la lumiere



insectes peut être éphémère volant dans la lumière





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